Nous avons pris un chiot. Un petit Shiba Inu.
Au départ, ce n’était pas prévu. Enfin… avoir un chien, oui. Mais pas cette race-là. Et pourtant, aujourd’hui, avec du recul, j’ai l’impression que tout nous conduisait vers lui.

Ce petit chien ne sera pas seulement un compagnon de vie. J’espère qu’il deviendra aussi un allié dans mes accompagnements, dans les séances, dans cette présence douce et instinctive que seuls les animaux savent offrir. La thérapie animale possède quelque chose de profondément apaisant : les animaux ressentent, captent, réconfortent sans juger.

Et parfois, ils arrivent dans nos vies pour des raisons qui nous dépassent complètement.

Le chien que nous pensions vouloir

Avec mon mari, nous étions partis sur une idée bien précise : adopter un Cavalier King Charles.
Un chien doux, calme, rassurant. Un petit compagnon facile à emmener partout avec moi, discret pendant mes rendez-vous.

Mon mari, lui, aurait volontiers repris un Bouledogue Français, comme notre ancien chien. Nous l’avions aimé profondément, accompagné jusqu’à la fin de sa vie… mais aussi beaucoup accompagné chez les vétérinaires.

Très jeune, elle avait dû subir une lourde opération du dos. Six heures d’intervention. Plus de 1200 euros de soins. Après cela, elle était devenu craintive, anxieuse avec les humains et les vétérinaires.

Cette expérience nous avait marqués.

Alors cette fois, je voulais un chien plus robuste, plus serein, avec moins de problèmes de santé. Oui, je vous l’accorde, le Cavalier King Charles n’était peut être pas la meilleure des races côté santé.

Une étrange connexion avec mes ancêtres

Au même moment, je traversais un travail personnel très profond autour de mes ancêtres.

Depuis plusieurs mois, quelque chose revenait sans cesse : l’Asie.

Je ressentais fortement une connexion avec la Chine, le Japon, mais aussi la Mongolie. Je travaillais intérieurement sur la lignée du père de ma grand-mère asiatique, sans réussir à comprendre exactement de quel pays venaient certaines racines.

Ma fille parle chinois couramment et trouve cette langue plus facile que l’anglais.
Mon fils, pendant longtemps, rêvait de partir vivre au Japon et avait pris des cours de japonais à une époque.

Et puis il y avait ces fameuses “taches mongoloïdes” que ma fille possède depuis la naissance, observée autrefois par une spécialiste en dermatologie qui m’avait expliqué qu’elle était très fréquente chez les populations d’origine mongole, d’où le nom.

Tout cela formait un puzzle étrange.

Je ressentais profondément que ces trois territoires — Mongolie, Chine, Japon — existaient déjà dans notre histoire familiale.

Le jour où tout a basculé

Le samedi où nous avons adopté notre Shiba Inu, rien n’était prévu.

Je dormais encore lorsque mon mari m’a parlé d’un salon du chiot à Avignon.

Honnêtement, je n’avais aucune envie d’y aller. Je savais très bien qu’aller voir des chiots, c’était prendre le risque de repartir avec l’un d’eux. Et moi, dans ma tête, je voulais toujours un Cavalier King Charles.

Sur la route, je me suis rendormie dans la voiture.

Et intérieurement, j’ai posé une question à mes ancêtres :

“De quel pays viens-tu ?”

J’ai alors vu des cerisiers en fleurs.

Symbole  du Japon. De la Chine aussi.

Ma fille s’appelle Cerise.
Le symbole était fort… mais encore flou.

Alors j’ai insisté :

“Quel pays exactement ?”

Et la réponse a été :

“Tu vas savoir.”

Les ancêtres ont parfois le sens du mystère…

La rencontre avec le Shiba Inu

Arrivés au salon, nous avons fait le tour rapidement.

Les Cavaliers King Charles étaient magnifiques… mais totalement hors budget.

Nous pensions repartir lorsque nous sommes tombés sur quatre petits Shiba Inu endormis les uns contre les autres.

Je ne connaissais presque rien de cette race.

Pendant que nous parlions avec l’éleveur, un des chiots s’est réveillé.
Il s’est assis calmement un peu à l’écart, nous regardant avec attention, comme s’il écoutait la conversation.

Il attendait.

C’était étrange.
Paisible.
Presque conscient.

Quand l’éleveur a voulu nous donner un autre chiot dans les bras, je lui ai immédiatement dit :

“Non, je veux celui-là.”

Comme si le choix avait déjà été fait des deux côtés.

Un chien venu du Japon… et bien plus encore

Au moment de partir, quelque chose en moi m’a poussé à demander l’origine de la race.

L’éleveur m’a répondu :

“Le Japon.”

Puis il nous a expliqué :

  • Shiba Inu signifie “petit chien”
  • Akita Inu signifie “grand chien”

Tout s’alignait soudainement.

Sur le parking, nous cherchions un prénom commençant par la lettre B.

Quand ma fille a proposé “Banzaï”, nous avons tous su immédiatement que c’était son prénom.

En découvrant sa signification, nous avons été bouleversés :

“Longue vie.”

Autrement dit :

“Longue vie, petit chien.”

Un chien hors du commun

Dès le premier jour, il était propre.

Il apprenait incroyablement vite : assis, couché, debout, les jeux de réflexion… tout semblait naturel pour lui.

J’ai grandi entourée de chiens. Mes parents en ont eu beaucoup : épagneul breton, labrador, chiens croisés…

Mais un chien aussi intelligent, calme et respectueux, je n’en avais jamais connu.

En me renseignant davantage, j’ai découvert que le Shiba Inu est une race protégée au Japon… mais que ses origines remonteraient aussi à la Chine ancienne.

Et là, tout a pris sens.

Comme si ce petit être venait faire le lien entre toutes ces mémoires familiales, ces intuitions, ces chemins invisibles que je ressentais depuis des mois.

Les animaux ne croisent jamais notre route par hasard

Je crois profondément que certains animaux entrent dans nos vies avec une mission.

Pas forcément spectaculaire.
Pas forcément mystique.

Mais une mission du cœur.

Ils apaisent.
Ils relient.
Ils guérissent parfois des parties de nous que les mots ne peuvent pas atteindre.

Ce petit Shiba Inu n’est pas “juste un chien”.
Il est arrivé au moment exact où nous avions besoin de lui.

Et peut-être que lui aussi nous attendait depuis longtemps.

Une dernière synchronicité

Et puis, il y a eu ce dernier détail.

Pendant que j’écrivais cet article, plongée dans tous ces souvenirs, ces liens invisibles, ces questions sur les ancêtres, le Japon, la Chine, les signes… j’ai soudain entendu une voix forte appeler :

“Emilie !”

Une voix nette, presque comme un cri.

Je me suis arrêtée d’écrire quelques secondes.

Ce genre de moment où le temps semble suspendu.
Où l’on ressent quelque chose sans forcément pouvoir l’expliquer rationnellement.

Peut-être une simple coïncidence.
Peut-être un rappel.
Peut-être juste la vie qui nous murmure que certains chemins sont exactement ceux que nous devions prendre.

Et au fond… c’est peut-être cela le plus important : apprendre à écouter.