Voilà maintenant un mois que j’accompagne des personnes âgées en EHPAD, et c’est un véritable régal pour le cœur. Si vous suivez mon parcours, vous savez que j’interviens en tant qu’accompagnante bénévole au sein de l’association JALMALV – Jusqu’à la mort accompagner la vie.
Je suis rattachée à un EHPAD où, en théorie, nous accompagnons les résidents en trinôme. Pour l’instant, je n’ai rencontré que ma référente, celle qui m’a présentée aux lieux et aux résidents. Et très vite, j’ai trouvé ma place.
Des rencontres pleines de douceur et d’histoires de vie
Les personnes âgées que je rencontre sont profondément touchantes. Beaucoup me racontent leur vie, leurs souvenirs, les personnes qu’elles ont connues, parfois les mêmes que moi. Certaines me montrent des photos, d’autres me parlent de leur enfance, de leur famille, de leur parcours.
Leurs chambres sont souvent décorées avec soin : photos, objets personnels, souvenirs… tout est pensé pour qu’elles puissent se sentir chez elles, en sécurité.
Une vie rythmée par les activités… et par la solitude
Certaines personnes marchent, d’autres non. Chaque jour, des activités sont proposées par une animatrice très dynamique : loto, cinéma, ateliers voyage, chants, moments conviviaux…
Mais tous les résidents ne descendent pas participer. Ceux-là, je vais les voir directement en chambre. Je me dis souvent que les personnes en activité ont déjà de la compagnie, alors que celles qui restent dans leur chambre ont encore plus besoin d’une présence.
Être là, simplement, sans obligation de parler
J’ai une liste de personnes à visiter. Certaines acceptent volontiers ma compagnie, d’autres la refusent, et c’est totalement respecté.
Je passe entre 30 et 45 minutes par personne, de 14h à 17h15. Parfois on parle beaucoup, parfois très peu, parfois pas du tout. Et c’est très juste ainsi. Être là, écouter, partager le silence… c’est déjà énorme pour elles.
Des paroles qui touchent profondément
Les personnes âgées sont pleines de compliments. C’est rare d’être complimentée toute une après-midi, et pourtant, là-bas, j’entends souvent :
« Tu es gentille », « Tu es belle », « Tu es souriante ».
Un jour, une dame m’a dit : « J’espère que demain je serai morte ». Elle s’ennuyait profondément. Dans ces moments-là, on mesure à quel point une simple présence peut faire une immense différence.
Les familles, la mémoire et les petits mystères
Certaines personnes reçoivent régulièrement la visite de leur famille. Dans ce cas-là, je me retire discrètement pour les laisser ensemble. Très souvent, les familles nous remercient de rendre visite à leur parent, grand-parent, oncle ou tante.
Il arrive aussi que les personnes ne se souviennent plus de notre passage. Une fois, une dame disait n’avoir « rien à dire ». La semaine suivante, sa famille m’a reconnue grâce à ce que leur mère leur avait raconté, alors même que le personnel ne savait pas qui était passé. Ces moments sont troublants, mais profondément humains.
Un personnel soignant engagé et bienveillant
Le personnel soignant fait un travail remarquable. Bien sûr, selon les équipes, certaines personnes sont plus souriantes ou disponibles que d’autres, mais l’engagement est bien réel. Il m’arrive d’échanger et de plaisanter avec eux lors des passages en chambre.
Se perdre… pour mieux rencontrer
Ce qui a été le plus difficile au début, ce n’était pas les visites, mais l’orientation. L’EHPAD est circulaire, avec deux ascenseurs et deux étages. N’ayant pas le sens de l’orientation, je me suis souvent perdue… et ce sont parfois les résidents eux-mêmes qui me guidaient. Un joli renversement des rôles.
Apprendre ensemble, à tout âge
Avec ma binôme, j’accompagne une personne à qui nous apprenons à lire et à écrire. Elle se débrouille très bien. C’est une expérience magnifique qui rappelle qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre.
Une énergie qui circule dans les deux sens
Chaque soir, je ressors de l’EHPAD remplie d’énergie. Même lorsque l’on ne parle pas, voir le bien que cela leur fait d’avoir quelqu’un de présent est bouleversant.
Elles sont heureuses de parler de leur famille, de leur vie, de ce qu’elles ont été et de ce qu’elles sont encore. Elles vivent en communauté, ce qui n’est pas toujours simple, mais beaucoup font preuve d’une sagesse et d’une résilience que je trouve profondément inspirantes.
Un engagement encore trop rare
Il y a peu de bénévoles. Les personnes formées avec moi ont été réparties dans différents établissements du département : hôpitaux, soins palliatifs, autres structures. Nous étions seulement six en formation. La prochaine promotion sera plus nombreuse, et c’est une très belle nouvelle.
Une évidence intérieure
Ces accompagnements m’épanouissent profondément. Les personnes âgées me touchent énormément. Elles me rappellent parfois des enfants, mais avec une sagesse, une résilience et une profondeur de vie incroyables.
J’aime leur compagnie. Être là, simplement, est devenu une évidence.