Comment les constellations familiales m’ont aidée à m’accepter pleinement
Depuis toute petite, j’ai toujours été un peu à part.
Quand un plat me plaisait, je faisais de la musique sans même m’en rendre compte. Je parlais toute seule, je m’inventais des histoires, et j’anticipais naturellement les choses en m’appuyant sur le passé et le présent. C’était ma manière d’être au monde, instinctive, sensible, vivante.
Avec le temps, j’ai appris à me retenir. À rentrer dans un cadre. À faire moins de bruit, moins de gestes, moins de moi. Comme beaucoup, j’ai intégré que certaines parties de mon être dérangeaient, ma famille et les proches de ma famille.
Depuis que j’ai quitté les druides, quelque chose s’est rouvert en moi. Je redeviens moi-même. Inconsciemment, des épiphanies sont venues me le rappeler, comme si la vie me disait doucement : « Tu peux à nouveau être qui tu es. »
Les courses
Un jour, en faisant les courses, j’en ai eu une preuve toute simple.
Nous avons commencé par acheter des sacs de pellets. Le caddie était plein, alors nous les avons déposés dans la voiture avant de revenir pour les courses alimentaires.
En attendant en caisse, le temps semblait long. Sans y penser, je me suis mise à me balancer légèrement, en chantant dans ma tête.
J’ai toujours une chanson intérieure. Un peu comme dans la série Zoey et son incroyable playlist, où l’héroïne entend les pensées des gens en musique. Moi, je n’entends pas celles des autres, mais j’ai en permanence une bande-son qui m’accompagne. Ce jour-là, c’était « Emmenez-moi » de Charles Aznavour. Il pleuvait, le ciel était gris… et la chanson collait parfaitement à l’instant.
Deux adolescentes m’ont sortie de ma rêverie.
— « Madame, madame ! »
— « J’adore votre jupe, on dirait un papillon. »
Je leur réponds en souriant :
— « C’est une robe. »
Je soulève mon pull :
— « Et oui, c’est un papillon. »
— « Alors j’adore votre robe », me dit-elle.
Mon mari, devant le caddie, me demande ensuite ce qu’elles ont dit. Il n’avait rien entendu. Nous n’étions simplement pas sur la même fréquence. Lui attendait, plongé dans ses pensées. Moi aussi… mais des pensées plus légères, plus chantantes.
Lorsque nous avons commencé les courses alimentaires, j’ai naturellement recommencé à me parler toute seule.
« Ah, il me faut des carottes… rayon légumes… mais avant je peux passer par là… est-ce que je prends cette marque ? Non, trop cher… les enfants viennent ce week-end… »
Au rayon des pâtes, en plein dialogue intérieur — « Des penne ? Oui… des spaghetti aussi ? Pourquoi pas… » — une dame d’un certain âge m’observe, amusée. Puis elle me dit :
— « Vous me rassurez, moi aussi je parle toute seule. »
Cette phrase m’a touchée. Elle m’a rappelé mon enfance, où parler seule, chanter ou faire de la musique à table étaient considérés comme des signes de folie. On me demandait de m’arrêter. Alors je me suis arrêtée… un temps.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, je sais que tant que je ne dérange personne, je n’ai plus à me censurer. Si faire de la musique en mangeant dérange, on ne m’invite plus — et c’est ok.
Si parler seule dans un magasin surprend, les gens changent de rayon. Je ne fais de mal à personne.
Ce jour-là, avoir rassuré cette femme a été une petite victoire intérieure.
Oui, nous sommes nombreux à parler seuls. Et ce n’est ni grave, ni fou. C’est souvent le signe d’une présence à soi.
Constellations familiales
Si je peux aujourd’hui être aussi à l’aise avec qui je suis, c’est en grande partie grâce aux constellations familiales. Elles m’ont permis de comprendre d’où venaient certaines injonctions, certaines censures intérieures, certains regards hérités. Elles m’ont aidée à remettre chacun à sa place, à rendre ce qui ne m’appartenait pas, et à reprendre pleinement ma juste place.
Grâce aux constellations familiales, j’ai appris à m’accepter telle que je suis, sans me juger. À accueillir mes particularités non plus comme des défauts, mais comme des forces. À reconnaître que ma meilleure compagnie, c’est moi-même.
Je ne suis pas toujours d’accord avec moi, mais je trouve toujours des solutions.
Je suis la personne sur qui je peux compter.
Celle qui ne me trahira pas.
Celle qui restera jusqu’à la fin.
Je suis ma meilleure compagnie.
Cela ne m’empêche pas d’avoir une famille, des amis, des relations profondes.
Mais lorsque je suis seule, je suis bien. Parce que je suis avec moi.
Et c’est peut-être ça, finalement, la vraie liberté :
ne plus chercher à devenir quelqu’un d’autre, mais avoir le courage d’être soi.