Dans ce quatrième épisode de la saison 2 du Chemin de l’Olivier, les histoires personnelles d’Ada, Sevgi et Leyla continuent de se croiser. Chacune est confrontée à une forme de répétition : répétition des blessures familiales, des relations amoureuses, des peurs ou encore des secrets transmis d’une génération à l’autre.
L’épisode nous parle beaucoup de transmission familiale, de loyautés invisibles, de répétitions transgénérationnelles et de libération.
« Parfois, on a besoin de quelqu’un pour nous montrer ce qu’on sait déjà »
L’épisode commence sur une plage.
Un père apprend à sa fille Ada à nager tandis que sa mère les regarde depuis la plage.
Cette scène fait immédiatement penser à une transmission : le parent accompagne l’enfant pour lui apprendre quelque chose qu’elle possède déjà en elle.
Ada dit alors :
« Parfois, on a besoin de quelqu’un pour nous montrer ce qu’on sait déjà. »
Elle fait également référence à l’exclamation « Eurêka », qui permet de mettre en lumière une évidence que l’on vient soudainement de comprendre.
Cette phrase pourrait presque résumer tout le travail thérapeutique présenté dans la série.
Le thérapeute ne donne pas nécessairement la réponse. Il aide parfois simplement la personne à voir ce qu’elle savait déjà, mais qu’elle ne parvenait pas encore à regarder.
Sevgi : la joie après la guérison
Sevgi se prépare, met une perruque violette, se fait belle, danse et chante.
Elle annonce à sa mère et à Leyla que les résultats sont bons.
Après la maladie, elle semble vouloir retrouver la vie, la légèreté et le plaisir.
Elle souhaite également retrouver Fiko.
Fiko, de son côté, explique qu’il ne s’en fichait absolument pas. Il demandait régulièrement de ses nouvelles à Leyla.
Lorsqu’ils se retrouvent, les deux amoureux finissent par se réconcilier.
Fiko reconnaît qu’il n’est pas forcément « un mec cool ». Il explique surtout qu’il s’est senti impuissant lorsque Sevgi a perdu son emploi.
Il avait eu beaucoup de mal à supporter cette situation et s’était concentré sur une seule chose : sa guérison.
Cette partie de l’histoire montre combien la maladie peut bouleverser non seulement la personne malade, mais également son entourage.
Sevgi veut connaître son père
Après son mensonge sur sa guérison, Sevgi commence à chercher des informations sur son père.
Elle veut savoir :
- comment ses parents se sont rencontrés ;
- quel était son nom de famille ;
- quelle était son histoire ;
- Ou il a été enterré.
Cette recherche est importante dans une démarche psychogénéalogique.
Lorsque nous cherchons à comprendre notre histoire familiale, nous découvrons parfois que certaines questions de notre vie actuelle sont liées à des événements anciens que nous ne connaissions pas.
Connaître son histoire peut permettre de remettre chaque événement à sa place.
Ada et Zaman : « Je viens de démissionner de l’hôpital »
Ada retrouve Zaman.
Elle lui explique qu’une patiente l’a vu chez lui et que les autres personnes de l’hôpital, les professionnel de santé ne l’ont pas écoutée, quand elle a voulu se défendre.
Zaman lui annonce qu’il a démissionné.
Ada lui demande pourquoi il est seul.
Il lui répond qu’il a peut être fait des erreurs et qu’aujourd’hui il les paie.
Puis Zaman lui retourne la question.
Pourquoi est-elle seule ?
Ada répond quelque chose de très fort :
Qu’elle soit avec quelqu’un ou seule, elle s’est toujours sentie seule.
Cette phrase nous montre que la solitude n’est pas forcément liée à l’absence de partenaire.
On peut être entouré et pourtant ressentir une immense solitude intérieure.
La séance d’Ada : les partenaires invisibles du système familial
Zaman propose à Ada une séance individuelle.
Elle choisit une pierre transparente et ferme les yeux.
Elle se retrouve mentalement sur une plage.
Zaman lui demande ensuite de prendre plusieurs pierres représentant différentes personnes.
Ses parents apparaissent dans cette représentation.
Puis une autre personne est placée derrière elle : son partenaire potentiel.
Zaman ajoute également une personne vers laquelle Ada regarde.
Il lui explique qu’elle représente la partenaire de son père.
Ada réagit immédiatement.
Elle pense que cette femme ne devrait pas être là puisqu’elle ne fait pas partie de la famille.
Et pourtant, c’est précisément là que se trouve une des clés de l’épisode.
Une personne qui a eu une place importante dans l’histoire d’un parent peut avoir laissé une empreinte dans le système familial, même si elle n’appartient pas officiellement à la famille.
Ada voit alors son père regarde Ada tandis que cette femme regarde son père.
Elle repense à ses propres histoires avec Selim et Toprak, ainsi qu’aux femmes qui étaient liées à ces hommes.
La répétition devient alors visible.
Les histoires d’amour peuvent-elles se répéter ?
Ada commence à comprendre que certaines de ses expériences sentimentales peuvent faire écho à l’histoire de sa famille.
Dans la constellation familiale, elle va découvrir quelque chose de particulièrement important :
elle a vécu dans ses propres relations une situation qui ressemble à celle vécue par sa mère.
Cela peut être appelé une loyauté familiale invisible.
La personne ne reproduit pas volontairement l’histoire d’un parent.
Elle peut simplement être influencée par des émotions, des croyances, des blessures ou des événements qui n’ont jamais été réellement intégrés dans l’histoire familiale.
Ada apprend qu’elle apprend déjà
Ada demande à Zaman de lui apprendre cette méthode.
Il lui répond qu’elle est déjà en train d’apprendre.
Cette phrase est particulièrement intéressante.
Elle nous rappelle que le travail thérapeutique est aussi un chemin d’observation.
Observer ce qui se répète, comprendre ce qui nous appartient et ce qui appartient à notre histoire familiale permet progressivement de modifier notre manière de vivre les choses.
La constellation d’Ada
Plus tard, Zaman organise une constellation familiale de groupe.
Ada est constellée.
Au même moment, l’ex femme de Toprak arrive.
Ada est bouleversée et cette femme est elle-même très gênée.
Ada choisit ensuite une représentante pour l’ex de Toprak.
La représentante explique qu’elle ne parle pas turc.
Puis elle entre dans son rôle et se met à pleurer.
Zaman demande à Ada de choisir deux personnes pour représenter ses parents.
Les représentants prennent leur place.
Puis la représentante d’Ada revient dans le système.
Elle regarde sur le côté.
Et quelque chose d’essentiel apparaît.
La souffrance de la mère d’Ada
La représentante de la mère d’Ada exprime sa douleur.
Elle explique qu’elle avait défié sa propre mère, quitté sa maison et sa ville pour Kamal.
Elle lui avait donné un enfant.
Et pourtant, Kamal avait fondé une autre famille.
Elle demande :
« Pourquoi as-tu fait ça, Kamal ? »
Puis elle exprime toute l’intensité de son amour :
« Je n’ai fait que t’aimer de tout mon cœur. Je t’ai tout donné. »
Ada se rapproche alors du couple.
Et elle prononce des paroles qui montrent qu’elle vient de comprendre quelque chose de fondamental :
« Papa, comme toi, je me suis sentie seule toute ma vie. »
Puis elle s’adresse à sa mère :
« Maman, comme toi, j’ai partagé mon conjoint avec une tierce. Je le comprends à présent. Et je m’en libère. »
Cette scène constitue probablement l’un des moments les plus importants de l’épisode.
Ada ne dit pas seulement qu’elle comprend sa mère.
Elle reconnaît surtout qu’elle a vécu quelque chose qui ressemble à son histoire.
La répétition transgénérationnelle
Dans une lecture psychogénéalogique, on peut voir ici une répétition.
La mère d’Ada a vécu une blessure liée à la présence d’une autre femme dans son couple.
Ada, des années plus tard, se retrouve elle aussi confrontée à des hommes qui ont d’autres femmes dans leur histoire.
Ce qui est intéressant n’est pas de dire qu’une personne est « condamnée » à reproduire son histoire familiale.
Au contraire.
La prise de conscience permet justement de sortir de la répétition.
Zaman explique à Ada que les personnes lésées, maltraitées ou les partenaires au cœur blessé peuvent avoir un impact sur le système familial.
C’est une idée centrale des constellations : les personnes exclues, oubliées ou rejetées peuvent continuer à occuper une place symbolique dans l’histoire familiale.
L’ex de Toprak parle à Ada
L’ex de Toprak explique alors à Ada qu’elle a représenté, qu’elle-même a vécu l’abandon de son père lorsqu’elle était petite.
Elle suppose qu’elle a peut-être voulu que sa fille grandisse avec son père.
Elle reconnaît également avoir mal agi envers Ada et lui demande en quelque sorte pardon.
Ada la remercie.
Ce moment permet de remettre de la compréhension là où il y avait uniquement du jugement et de la colère.
Comprendre ne signifie pas forcément excuser.
Cela peut simplement permettre de ne plus porter l’histoire de l’autre comme si elle était la nôtre.
Leyla et Sarp : quand une peur ancienne revient
Pendant ce temps, Leyla traverse elle aussi une histoire familiale importante.
Elle nettoie encore la chambre de son fils Sarp parce qu’il fait pipi au lit.
Elle est épuisée.
Elle a l’impression d’être devenue une servante, presque une Cosette, et ne prend plus soin d’elle-même.
Sa mère vient chez elle. Elle lui fait une purification à la sauge.
Puis Leyla découvre que Sarp n’a pas fait pipi au lit.
Elle le félicite et ils dansent ensemble pour célébrer cette réussite.
Sa mère lui dit :
« Tu vois que ça a marché. »
Mais Leyla répond :
« Autre chose a marché. »
Cette phrase prend tout son sens un peu plus tard.
Le secret du père de Leyla
Leyla demande à sa mère comment son père avait accepté qu’elle vienne seule.
Sa mère lui explique qu’il avait accepté à condition qu’elle la ramène à Antalya.
Elle affirme également que son père est prêt à lui pardonner.
Mais Leyla répond qu’elle n’a rien fait de mal.
Sa mère lui reproche également d’avoir eu un deuxième enfant et de les élever dans un petit endroit.
Leyla lui rappelle alors que son mari n’était pas innocent non plus et qu’il avait fait certaines choses.
Sa mère demande :
« Quoi ? »
Leyla ne répond pas.
Il existe donc encore un secret.
La révélation de la mère de Leyla
Plus tard, Leyla surprend sa mère en pleurs.
Elle lui révèle alors quelque chose de terrible.
Son mari, le père de Leyla, dormait avec une arme sous son oreiller.
La nuit, il se réveillait en hurlant.
Un jour, il avait même placé l’arme sur sa tête.
La mère de Leyla est bouleversée parce que Sarp dort lui aussi avec un pistolet sous son oreiller.
Elle a peur qu’il reproduise ce que son père faisait.
Cette scène est extrêmement forte du point de vue de la transmission familiale.
La mère de Leyla ne voit pas seulement un enfant avec une arme.
Elle voit revenir sous ses yeux une histoire ancienne qu’elle croyait terminée.
La peur de reproduire l’histoire
Sarp n’est évidemment pas son grand-père.
Mais la peur de sa grand-mère est réelle.
Elle reconnaît une situation qui ressemble à ce qu’elle a déjà vécu.
C’est ainsi que peuvent fonctionner certaines transmissions familiales : non pas nécessairement parce que les événements se reproduisent exactement, mais parce qu’une émotion, une peur ou un comportement semble revenir sous une autre forme.
Le travail thérapeutique permet alors de distinguer :
- ce qui appartient au présent ;
- ce qui appartient au passé ;
- ce qui appartient aux parents ;
- ce qui appartient aux grands-parents ;
- et ce que nous choisissons de transmettre ou non à nos enfants.
Leyla rend hommage à sa grand-mère
Leyla emmène sa mère dans la taverne qu’elle est en train de construire.
Sa mère est très émue en découvrant l’hommage rendu à la grand-mère Eleni.
Cette scène montre une autre manière de transformer la mémoire familiale.
Au lieu de nier le passé, Leyla lui donne une place.
Honorer un ancêtre ne signifie pas porter ses souffrances.
On peut reconnaître ce qui a été vécu tout en choisissant de continuer sa propre vie.
Ada et son père : la valise noire
Ada étudie et prend des notes.
Puis elle ouvre une valise noire contenant l’histoire de son père.
Elle la regarde quelques instants avant de la refermer immédiatement.
Cette valise devient presque un symbole.
Elle contient quelque chose qu’Ada sait être important mais qu’elle n’est pas encore prête à ouvrir complètement.
Dans nos histoires familiales, il existe parfois des « valises » symboliques :
des secrets, des non-dits, des décès, des séparations, des abandons, des trahisons ou des événements dont on ne parle jamais.
Et pourtant, ces histoires peuvent continuer à influencer les générations suivantes.
Le patient anonyme d’Ada
Ada apprend que son patient anonyme, Darya, est parti.
Mais une autre difficulté apparaît.
Une docteure lui demande de ne plus aller chez Zaman parce qu’un patient a porté plainte et que cela commence à faire parler à l’hôpital.
Un autre médecin lui explique ensuite qu’elle n’a pas mal agi, mais que sa présence met l’hôpital en difficulté.
Ada est finalement suspendue jusqu’à la prochaine réunion du conseil d’administration.
Elle se retrouve donc elle aussi confrontée à une forme d’exclusion.
« Eurêka »
Un soir, Ada va dans un bar appelé Eurêka.
Son père lui avait raconté une anecdote autour de ce mot.
Elle boit, danse, se détend et profite enfin de la soirée.
Puis elle rencontre l’homme anonyme qui était son patient.
Elle quitte le bar mais oublie ses affaires.
L’homme les lui rapporte.
Parmi ses affaires se trouve un livre en espagnol.
L’homme parle espagnol.
Ada lui demande s’il pourrait lui traduire le livre.
Il accepte et lui donne rendez-vous au coucher du soleil, le lendemain.
Ada au début perplexe, finit par y aller.
Le coucher du soleil : accepter de prendre la main
Ada se rend au rendez-vous.
L’endroit est en hauteur.
L’homme lui dit :
« Le soleil va se coucher. »
Puis il lui tend la main.
Ada hésite.
Et finalement, elle la prend.
Cette dernière image peut être interprétée comme un symbole particulièrement beau.
Pendant tout l’épisode, Ada cherche à comprendre son passé.
Elle regarde ses parents.
Elle regarde les femmes qui ont été liées aux hommes de sa vie.
Elle découvre les répétitions.
Elle comprend la solitude de sa mère.
Elle comprend qu’elle a peut-être reproduit quelque chose qui ne lui appartenait pas complètement.
Et à la fin, elle accepte une main tendue.
Après avoir regardé derrière elle, Ada peut peut-être commencer à regarder devant elle.
La maladie de Sevgi : la nouvelle qui bouleverse tout
Mais l’épisode se termine sur une nouvelle particulièrement dure.
Alors que Sevgi prend un bain et que Fiko prend soin d’elle, elle se souvient lorsqu’elle regardait ses résultats.
Elle découvre que les métastases se sont étendues.
Elle avait annoncé à tout le monde que les résultats étaient bons, la réalité était différente.
Elle avait appellé son médecin.
Elle lui avait demandé de ne rien dire.
Elle voulait garder l’information confidentielle.
Et surtout, elle avait annoncé qu’elle ne continuera pas le traitement.
Cette révélation donne une tout autre dimension à son comportement joyeux du début de l’épisode.
Elle avait fait semblant. Elle avait retrouvé sa perruque violette.
Elle dansait.
Elle chantait.
Elle faisait semblant d’être heureuse.
Mais derrière cette apparente légèreté se trouvait une vérité qu’elle ne voulait pas encore partager.
Ce que cet épisode nous enseigne
Cet épisode est particulièrement riche pour une lecture en psychogénéalogie et en constellations familiales.
Ada découvre que certaines de ses histoires sentimentales peuvent faire écho à celle de sa mère.
Leyla découvre que la peur de sa mère est liée à ce qu’elle a vécu avec son père.
Sevgi cherche l’histoire de son père.
Et chacune, à sa manière, cherche à comprendre d’où elle vient pour pouvoir savoir où elle va.
Les histoires familiales ne sont pas toujours des chaînes.
Elles peuvent devenir des informations.
Et lorsque nous comprenons ce qui a été vécu avant nous, nous pouvons parfois cesser de le répéter inconsciemment.
Comprendre n’est pas condamner
Une constellation familiale ne devrait pas servir à chercher un coupable.
Elle permet plutôt de regarder les relations, les blessures, les exclusions et les loyautés invisibles.
Ada ne peut pas changer ce que son père a fait à sa mère.
Elle ne peut pas réécrire l’histoire de ses parents.
Mais elle peut reconnaître :
« Je comprends aujourd’hui ce qui s’est joué. Et je m’en libère. »
C’est précisément cette phrase qui résume le chemin d’Ada dans cet épisode.
Nous ne choisissons pas toujours ce qui nous est transmis.
Mais nous pouvons apprendre à choisir ce que nous transmettrons à notre tour.
Et parfois, la guérison commence simplement lorsque quelqu’un nous aide à voir ce que nous savions déjà.
Comme Ada le dit au début de l’épisode :
« Parfois, on a besoin de quelqu’un pour nous montrer ce qu’on sait déjà. »