Tout est vibration
« Tout est vibration. On attire à soi ce que l’on vibre. »
C’est une phrase que l’on entend beaucoup dans le développement personnel et dans les pratiques énergétiques.
Mais je vais vous dire quelque chose : pour moi, cette phrase signifie : que ce que nous sommes, ce que nous avons vécu, ce que nous pensons et la manière dont nous nous comportons influencent les relations que nous construisons.
Et parfois, ce que nous attirons nous montre quelque chose que nous n’avons pas encore compris sur nous-mêmes.
Si vous êtes constamment dans le jugement…
Si vous critiquez tout le monde.
Si vous vous moquez des autres.
Si vous rabaissez les personnes qui vous entourent.
Si vous êtes constamment en colère.
Si vous voyez toujours ce qui ne va pas.
Si vous êtes dans la jalousie, l’envie ou la méchanceté…
Il peut être intéressant de vous demander :
Qu’est-ce que cela dit de moi ?
Parce que travailler sur soi, ce n’est pas seulement aller voir pourquoi les autres nous font du mal.
C’est aussi avoir le courage de regarder ce que nous faisons, nous.
Et ce n’est pas toujours agréable.
Je le sais parce que je suis passée par là.
Moi aussi, j’ai été dans le jugement
Je ne suis pas née thérapeute.
Et je n’ai certainement pas toujours été la personne que je suis aujourd’hui.
J’ai moi aussi beaucoup critiqué.
J’ai moi aussi été dans le jugement.
J’ai moi aussi pu rabaisser.
Pourquoi ?
Parce que je venais d’une famille dysfonctionnelle dans laquelle certains de ces comportements existaient.
Et quand on grandit dans un environnement où certaines attitudes sont normales, on peut les reproduire sans même s’en rendre compte.
Pendant longtemps, je ne voyais pas le problème.
Jusqu’au jour où une thérapeute m’a fait prendre conscience que ma famille était dysfonctionnelle et que certains comportements que je reproduisais participaient finalement à mon propre auto-sabotage.
Cette prise de conscience a été un véritable tournant.
Quand on sort d’une famille dysfonctionnelle, on peut reproduire ce que l’on connaît
C’est quelque chose que j’observe régulièrement.
Une personne peut quitter sa famille.
Prendre ses distances.
Partir de chez elle.
Construire sa propre vie.
Et pourtant, des années plus tard, elle peut se retrouver dans une relation qui ressemble étrangement à ce qu’elle a connu enfant.
Un conjoint qui critique.
Une personne qui rabaisse.
Une relation dans laquelle elle doit constamment se justifier.
Quelqu’un de manipulateur.
Une personne émotionnellement indisponible.
Et elle se demande :
« Mais pourquoi est-ce que je tombe toujours sur ce genre de personnes ? »
Parce que parfois, ce qui est familier nous paraît normal.
Nous pouvons inconsciemment reproduire des schémas que nous avons appris dans notre famille.
Cela ne veut pas dire que nous sommes condamnés à les reproduire.
Cela signifie simplement qu’il faut parfois les conscientiser pour pouvoir les changer.
Le travail sur soi, ce n’est pas seulement parler des autres
Quand j’ai commencé à travailler sérieusement sur moi, je venais parfois avec des choses très concrètes.
« Je suis trop dans le jugement. »
« Je suis en colère contre tout le monde. »
« J’ai tendance à rabaisser. »
« Je suis jalouse. »
« Je suis envieuse. »
« Je ne comprends pas pourquoi je réagis comme ça. »
Et il fallait regarder tout cela.
Pas pour me dire que j’étais une mauvaise personne.
Mais pour comprendre d’où cela venait et pourquoi je fonctionnais ainsi.
C’est ça, pour moi, travailler sur soi.
Ce n’est pas passer son temps à chercher les défauts des autres.
C’est accepter de regarder les siens.
Je ne suis pas devenue la personne que je suis sans travailler sur moi
Aujourd’hui, je travaille sur moi depuis plus de cinq ou six ans.
Et même avant cela, j’avais déjà rencontré une psychogénéalogiste qui m’avait beaucoup aidée.
J’ai ensuite été accompagnée pendant deux ans en kinésiologie.
Puis deux ans en constellations familiales.
Aujourd’hui, je peux également pratiquer l’auto-constellation lorsque j’en ressens le besoin.
Et lorsque je traverse une grosse épreuve, comme un deuil ou une séparation, je n’hésite pas à aller chercher de l’aide.
Je peux rester accompagnée pendant plusieurs mois, voire plus longtemps si nécessaire.
Parce que je ne crois pas à cette idée selon laquelle, lorsqu’on devient thérapeute, on n’a plus besoin de personne.
Au contraire.
Un thérapeute doit travailler sur lui toute sa vie
C’est quelque chose que je répète souvent aux personnes qui souhaitent devenir thérapeutes.
Vous voulez accompagner les autres ?
Alors préparez-vous à travailler sur vous.
Pas pendant six mois.
Pas uniquement pendant votre formation.
Toute votre vie.
Parce qu’un thérapeute reste un être humain.
Il peut être en colère.
Il peut être triste.
Il peut traverser un deuil.
Une séparation.
Une période de doute.
Une remise en question.
Une difficulté familiale.
Et tout cela peut venir toucher ses propres blessures.
Personnellement, je continue à me former.
Je continue à apprendre.
Et je continue à travailler sur moi.
Quand quelque chose me dérange profondément, je cherche à comprendre pourquoi.
« Mais Émilie, toi qui accompagnes les autres, qui t’accompagne ? »
On m’a déjà posé cette question.
Et ma réponse est simple :
Bien évidemment que je me fais accompagner.
J’ai des professionnels vers lesquels je peux me tourner en fonction de mes besoins.
Énergéticien, médecine chinoise, kinésiologie, rebouteux… Je connais différentes personnes et, lorsque j’ai besoin d’un accompagnement qui sort de mon domaine, je vais chercher la personne compétente.
Et si quelqu’un vient me voir avec une problématique qui ne relève pas de mes compétences, je l’oriente.
Je ne prétends pas savoir tout faire.
Je ne prétends pas être capable de tout résoudre.
Et surtout, je ne prétends pas être supérieure aux personnes qui viennent me voir.
« Moi aussi, je pourrais faire ce que tu fais »
Cette phrase, je l’ai entendue plusieurs fois.
« Moi aussi je pourrais faire ce que tu fais. »
Bien sûr.
Mais parfois, derrière cette phrase, il y a autre chose.
Une personne qui pense qu’elle ferait mieux que vous peut déjà être dans une forme de jugement ou de supériorité.
Et personnellement, je ne veux surtout pas fonctionner comme cela.
Je considère que je ne sais rien.
La personne qui vient devant moi possède son histoire, ses blessures, ses expériences, ses ressources.
Je ne suis pas au-dessus d’elle.
Je ne suis pas là pour lui dire comment elle doit vivre.
Je suis là pour l’accompagner.
Et pour moi, c’est une différence énorme.
Les personnes que nous accompagnons n’ont pas besoin d’être jugées
Quand quelqu’un vient nous parler de sa vie, il n’a pas besoin d’entendre :
« Vous auriez dû faire ceci. »
« Vous êtes trop faible. »
« Moi, à votre place, j’aurais fait autrement. »
Il a besoin d’être entendu.
Il a besoin d’un espace où il puisse déposer ce qu’il vit.
Et surtout, il a besoin de comprendre qu’il peut retrouver ses propres ressources.
C’est pour cela que je ne me mets pas dans la position de la sauveuse.
Je ne sauve personne.
Les gens se sauvent eux-mêmes.
Moi, je les accompagne.
J’ai déjà dit à une personne : « Je ne peux rien faire pour vous »
J’accompagne notamment une personne plusieurs fois par mois.
Et je lui ai déjà dit à plusieurs reprises :
« Je ne peux rien faire pour vous. Je suis désolée. Je pense que vous devriez aller voir quelqu’un d’autre. »
Pourtant, elle continue à venir.
Et aujourd’hui, à la fin de certaines séances, elle me dit, parce qu’elle sait que je me sens impuissante. Elle m’apprend aussi beaucoup et elle le sait :
« Émilie, je sais que vous avez l’impression de ne pas m’aider. Mais sans vous, pendant cette période, j’aurais craqué et fait n’importe quoi. Vous m’aidez. Même si vous avez l’impression que non, quand j’ai une séance avec vous, je repars reboostée. »
Cela me touche.
Mais je sais aussi que ce n’est pas moi qui vais la sortir de sa situation.
C’est elle qui va le faire.
Un jour, elle sortira de cette relation toxique.
Un jour, elle pourra regarder derrière elle et se dire :
« C’est moi qui ai réussi. »
Et c’est cela que je veux pour les personnes que j’accompagne.
Pas qu’elles aient besoin de moi pour toujours.
Mais qu’elles finissent par ne plus avoir besoin de moi.
Je ne suis pas une sauveuse
Je pense que c’est une distinction essentielle dans l’accompagnement.
Un thérapeute qui se prend pour un sauveur risque de créer une relation de dépendance.
Moi, ce n’est pas ce que je veux.
Je veux que la personne retrouve ses propres ressources.
Parce que lorsque vous réussissez à vous sortir vous-même d’une situation difficile, vous découvrez quelque chose de très important :
vous êtes capable.
Et cette découverte peut devenir une force pour la suite.
Alors, qu’est-ce que vous attirez ?
Je ne vais pas vous dire :
« Si vous avez des problèmes, c’est parce que votre taux de vibration est bas. »
La vie est beaucoup plus complexe que cela.
Nous pouvons vivre des événements terribles sans les avoir provoqués.
Nous pouvons être victimes de violences.
Nous pouvons perdre quelqu’un que nous aimons.
Nous pouvons tomber malade.
Nous pouvons subir des choses totalement injustes.
Mais nous pouvons également avoir des schémas répétitifs que nous ne voyons pas.
Et c’est là que je trouve intéressant de se poser la question :
« Qu’est-ce que je reproduis ? »
J’ai moi-même accompagné des personnes confrontées à des histoires extrêmement lourdes : violences, agressions, traumatismes, maladies psychiatriques, deuils et situations familiales complexes.
Et je sais aussi que mon propre parcours influence les personnes qui viennent vers moi.
Je ne dis pas cela pour prétendre que nous attirons magiquement toutes les situations que nous vivons.
Je dis simplement que notre histoire, nos expériences et ce que nous avons travaillé sur nous peuvent influencer les personnes et les problématiques auxquelles nous sommes particulièrement sensibles.
Et si vous commenciez simplement par vous observer ?
Si vous avez l’impression que tout s’écroule dans votre vie, avant de chercher uniquement ce qui ne va pas chez les autres, posez-vous quelques questions.
Est-ce que je critique énormément ?
Est-ce que je rabaisse les autres ?
Est-ce que je suis constamment dans le jugement ?
Est-ce que je suis toujours en colère ?
Est-ce que je reproduis des comportements que j’ai connus dans ma famille ?
Est-ce que je tombe toujours dans le même genre de relations ?
Est-ce que je m’auto-sabote ?
Est-ce que je suis réellement la personne que j’ai envie d’être ?
Et surtout :
Est-ce que je suis prêt à travailler sur moi ?
Changer sa vibration commence peut-être par changer soi-même
Pour moi, changer sa vibration ne signifie pas se forcer à être positif tout le temps.
Nous avons le droit d’être triste.
Nous avons le droit d’être en colère.
Nous avons le droit d’avoir peur.
Nous avons le droit d’être fatigués.
Le problème n’est pas d’avoir des émotions.
Le problème est parfois de rester enfermé dans certains comportements sans jamais chercher à comprendre ce qui se passe.
Travailler sur soi, c’est apprendre à se regarder avec honnêteté.
C’est reconnaître ses blessures.
C’est comprendre son histoire.
C’est prendre conscience de ses schémas.
C’est arrêter progressivement de rejeter systématiquement la faute sur les autres.
Et parfois, c’est aussi accepter de dire :
« Là, j’ai besoin d’aide. »
Je le dis pour les personnes que j’accompagne.
Et je me le dis également à moi-même.
Parce que je suis thérapeute, oui.
Mais avant tout, je suis un être humain.
Et je continuerai à travailler sur moi aussi longtemps que nécessaire.
Et vous, quelle vibration envoyez-vous autour de vous ?
La prochaine fois que vous aurez l’impression que tout va mal, ne cherchez pas immédiatement à savoir qui est responsable.
Arrêtez-vous.
Respirez.
Regardez-vous avec honnêteté.
Et demandez-vous simplement :
« Est-ce que je suis en train de reproduire quelque chose que je connais déjà ? »
Parfois, le changement ne commence pas par les autres.
Il commence par soi.