Cerise.
C’est réellement son prénom.
Alors, lorsqu’elle a créé son univers artistique, il était assez logique qu’elle le conserve. Et comme je l’ai moi-même fait avec mon propre univers, elle a ajouté quelque chose derrière.
Cerise Enchantée.
Et finalement, je trouve que ce nom lui correspond parfaitement.
Parce que Cerise a cette particularité : elle enchante ce qu’elle trouve, elle transforme ce qu’elle touche et elle donne une nouvelle vie à ce qu’elle crée.
Son site est né de cette envie de partager ses créations, ses expériences et ses idées, mais aussi peut-être de donner envie à d’autres de créer à leur tour.
Et lorsque je regarde son parcours aujourd’hui, je me dis que tout était déjà là, depuis toute petite.
À un an et demi, elle dessinait déjà un fauteuil ancien
Je me souviens d’un dessin en particulier.
Cerise avait environ un an et demi.
Elle parlait encore très peu, mais elle dessinait déjà.
Un jour, elle m’a dessiné sur un tableau un fauteuil ancien, avec des moulures.
Je suis restée assez perplexe.
Je me demandais où elle avait bien pu voir cela.
Dans un dessin animé ?
Dans un livre ?
Dans un château que nous avions visité ?
Je n’ai jamais vraiment eu la réponse.
Mais ce qui m’avait surtout frappée, c’était qu’elle n’avait qu’un an et demi.
Et elle dessinait déjà merveilleusement bien.
Ou, pour être plus précise, incroyablement bien pour son âge.
Moi, je ne sais absolument pas dessiner.
Mais du côté de la famille, il y avait déjà quelques prédispositions artistiques.
Son père dessine bien.
Ses deux grands-pères dessinent bien.
Mon grand frère également.
Et puis il y avait une autre particularité familiale : celle de savoir faire quelque chose avec presque rien.
Quand la déchèterie devenait un magasin de bricolage
Mon père avait un talent assez particulier.
Il pouvait trouver absolument n’importe quoi à la déchèterie et lui trouver une nouvelle utilité.
Une porte ?
Cela pouvait devenir une table.
Un siège de tracteur ?
Pourquoi pas une chaise !
Quelques morceaux de fer récupérés ici et là ?
On pouvait encore en faire quelque chose.
Et attention : les meubles étaient bricolés, certes, mais confortables cela va de soi !
Mon père avait cette capacité à regarder un objet autrement.
Là où quelqu’un voyait un objet abandonné, lui voyait une matière première.
Les amis de mon grand-frère l’avaient d’ailleurs surnommé MacGyver.
Il fallait bien reconnaître que le surnom était plutôt bien trouvé.
De l’autre côté de la famille : l’art et la minutie
Du côté du père de Cerise, il y avait une autre forme de savoir-faire.
Son grand-père paternel est quelqu’un d’habile de ses mains, particulièrement dans les domaines artistiques.
Il est minutieux.
Précis.
Patient.
Il sait travailler avec ses mains et porter une attention particulière aux détails.
Et puis il y a mon mari.
Lui n’est pas particulièrement bricoleur.
Moi encore moins !
On pourrait presque dire que certaines choses ont sauté une génération.
Et puis elles sont revenues chez Cerise.
Mais pas exactement de la même manière.
Elle a réuni les deux grands-pères
C’est ce qui m’amuse lorsque je regarde aujourd’hui son travail.
J’ai parfois l’impression que Cerise a récupéré quelque chose de ses deux grands-pères.
D’un côté, le sens artistique, la minutie et le travail manuel.
De l’autre, la récupération, le détournement, l’imagination et l’art de faire quelque chose avec ce que l’on a sous la main.
Mais elle n’a pas simplement reproduit ce qu’ils faisaient.
Elle a transformé cet héritage.
Elle l’a, à sa manière, transmuté en art utile et recyclé.
Comme dans les constellations familiales, en hommage à ses grands-pères, elle a allié leurs qualités pour en faire quelque chose de d’utile, recyclé, artistique et beau.
Et c’est précisément ce que l’on retrouve aujourd’hui dans son univers.
À quatre ans, les LEGO devenaient déjà une table et une chaise
Je me souviens également d’une autre scène.
Lorsqu’elle était petite, j’avais acheté de gros LEGO pour qu’elle puisse jouer avec son petit frère.
Les très gros LEGO.
Je pensais évidemment qu’ils allaient construire des maisons, des tours, des personnages…
Cerise, elle, avait une autre idée.
Elle devait avoir environ quatre ans.
Elle a pris les LEGO et elle a fabriqué…
une table et une chaise.
Avec des LEGO.
À quatre ans.
Avec le recul, je trouve cela assez révélateur.
Elle ne se contentait pas de jouer avec les objets.
Elle cherchait déjà à construire quelque chose.
Et surtout, elle semblait naturellement attirée par l’objet, sa forme, sa fonction et sa transformation.
C’est à cette époque que j’ai commencé à voir se dessiner ce que j’appelle aujourd’hui, avec mes yeux de maman, sa mission de vie : l’art et la beauté.
Une enfance qui a continué autrement
Cerise a été scolarisée jusqu’en troisième.
Puis est arrivée la période du Covid.
À ce moment-là, je lui ai proposé quelque chose :
« Tu peux continuer tes études, passer ton bac, mais sans retourner à l’école. »
Elle a accepté.
Son frère et elle ont alors vécu l’instruction en famille.
Elle a travaillé énormément seule.
Elle n’avait pratiquement pas de professeur, à l’exception notamment du français pour préparer le bac.
Pour le reste, elle a appris, cherché, travaillé et expérimenté par elle-même.
Et cela concernait aussi les langues.
Elle a appris le chinois et le parle aujourd’hui couramment.
Cette période lui a demandé beaucoup d’autonomie.
Mais cette autonomie allait finalement très bien avec sa manière naturelle de fonctionner.
« Ce bac ne se passe pas en candidat libre »
Lorsqu’elle a commencé à chercher des informations pour préparer son bac, elle a rencontré une difficulté assez surprenante.
On lui disait régulièrement :
« Mais ce n’est pas un bac que l’on passe en candidat libre. »
Il s’agissait du bac STD2A, Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués.
Un parcours particulièrement cohérent avec ce qu’elle aimait déjà depuis toujours.
Sauf qu’elle a finalement réussi à le passer en candidate libre.
Et heureusement !
Car elle l’a obtenu avec mention.
Et l’histoire est assez amusante lorsque l’on connaît la suite.
Pour les épreuves de spécialité, elle a travaillé seule et obtenu 11 et 12, alors que la moyenne de la classe avec laquelle elle a passé ces épreuves était d’environ 7.
Elle n’avait pas suivi le parcours scolaire traditionnel.
Elle n’avait pas eu tous les enseignants d’une classe de STD2A.
Mais elle avait appris à apprendre seule.
Et cela lui a servi.
Aujourd’hui, les Beaux-Arts
Aujourd’hui, Cerise est en deuxième année des Beaux-Arts.
Elle a également réalisé un stage dans une entreprise spécialisée dans la conservation-restauration, un domaine qui correspond particulièrement à son intérêt pour les matières, les objets, leur histoire et leur préservation.
Et finalement, lorsque je regarde son parcours, je retrouve toujours le même fil conducteur.
Créer.
Observer.
Comprendre.
Transformer.
Préserver.
Donner une nouvelle vie.
Son site : partager pour donner envie
C’est aussi pour cela qu’elle a créé son site Cerise Enchantée.
Elle aurait pu simplement garder ses créations pour elle.
Mais elle a choisi de les montrer.
De raconter comment elle réalise certaines choses.
De partager ses expériences.
Et peut-être surtout de donner des idées à ceux qui auront envie d’essayer.
Son site propose aujourd’hui des créations et des projets très variés : dessin, peinture, art digital, couture, broderie, crochet, tricot, poterie, résine, vannerie, macramé, mosaïque, artisanat naturel ou encore activités créatives pour les enfants.
Par exemple, elle peut transformer un noyau d’avocat en coccinelle, fabriquer un bracelet à partir d’un noyau d’avocat et de perles d’agate récupérées, transformer des sacs plastiques en dessous de plat ou encore créer avec des matériaux naturels.
Et là encore, je retrouve ce que mon père faisait autrefois.
Seulement, chez Cerise, la récupération devient véritablement une démarche artistiquement beau.
L’art peut changer notre manière de regarder le monde
Patrick Burensteinas parle souvent de l’importance de l’art et de la beauté, et l’idée qu’il développe me parle beaucoup : la beauté peut nous transformer.
Lorsque l’on regarde quelque chose de beau, quelque chose se passe en nous.
On peut rester longtemps dans un musée.
Devant une peinture.
Une sculpture.
Une œuvre qui nous touche.
Dans une galerie.
Ou simplement devant un objet qui a été réalisé avec amour.
L’art nous sort un instant du quotidien.
Il nous fait regarder autrement.
Il peut nous émerveiller.
Et peut-être même nous donner envie de créer à notre tour.
C’est aussi pour cela que j’aime ce que fait Cerise.
Parce que derrière chaque objet, il y a du temps.
De la recherche.
Des essais.
Des erreurs.
De la patience.
Et surtout une intention.
Des objets accompagnés d’amour
Je pourrais simplement dire que Cerise fabrique des objets.
Mais ce serait réducteur.
Parce que derrière ce qu’elle réalise, il y a souvent une envie de faire plaisir.
Un cadeau pour une amie.
Un objet imaginé pour quelqu’un.
Une création qui répond à un besoin.
Une matière récupérée plutôt que jetée.
Une idée qui devient réalité.
Et c’est peut-être cela qui rend ses créations particulières.
Elles sont accompagnées d’amour.
Et lorsqu’une personne crée avec l’envie de faire plaisir, l’objet raconte forcément quelque chose.
Cerise Enchantée : un nom qui lui ressemble
Cerise Enchantée.
Cerise, parce que c’est son prénom.
Enchantée, parce qu’elle enchante ce qu’elle trouve et ce qu’elle fait.
Elle transforme.
Elle récupère.
Elle crée.
Elle expérimente.
Elle apprend.
Elle partage.
Et elle continue à construire son propre chemin.
Je ne sais pas exactement où ce chemin la mènera.
Mais lorsque je repense à cette petite fille d’un an et demi qui dessinait déjà un fauteuil ancien avec ses moulures, puis à cette enfant de quatre ans qui fabriquait une table et une chaise avec des LEGO, je me dis que quelque chose était déjà là.
Peut-être que certaines vocations ne commencent pas le jour où l’on choisit un métier.
Elles commencent bien avant.
Par une fascination.
Un geste.
Une façon de regarder.
Une envie de créer.
Une capacité à voir de la beauté là où les autres ne la voient pas encore.
Aujourd’hui, Cerise a simplement donné un nom à cet univers.
Cerise Enchantée.
Et si son site peut donner envie à quelqu’un de prendre une matière, un objet oublié, quelques outils et de créer quelque chose de ses propres mains, alors son pari est déjà réussi.
Alors, si vous avez envie de découvrir son univers, de voir ce qu’elle réalise ou simplement de trouver quelques idées créatives, je vous invite à aller faire un tour sur son site.
Bon voyage dans l’univers de Cerise Enchantée: https://cerise-enchantee.wixsite.com/accueil/blog
Et surtout, n’hésitez pas à partager son travail autour de vous. Peut-être qu’il donnera à quelqu’un l’envie de créer à son tour.