Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, est probablement l’une des personnalités les plus connues lorsqu’on parle de psychologie, de rêves, d’inconscient et de transmission familiale.
Mais derrière le théoricien se trouve également une famille particulièrement complexe, traversée par les deuils, les séparations, les mariages entre familles, l’exil, les persécutions, les changements de pays et de nombreuses transmissions professionnelles.
Dans cette constellation familiale de célébrité, il est intéressant de ne pas regarder uniquement Sigmund Freud, mais d’observer l’ensemble du système familial Freud-Bernays, car les deux familles se retrouvent intimement liées par plusieurs mariages.
La psychogénéalogie et la constellation familiale proposent une lecture symbolique des liens, répétitions, loyautés et événements marquants d’un arbre généalogique.
Sigmund Freud : une naissance sous le signe d’une histoire familiale particulière
Sigmund Freud naît le 6 mai 1856 à Freiberg, en Moravie, alors intégrée à l’Empire d’Autriche.
Il reçoit à la naissance le prénom de Sigismund Schlomo Freud.
Son père, Jakob Freud, est né en 1815 et sa mère, Amalia Nathansohn, en 1835.
Sigmund est issu d’une famille juive originaire de Galicie. La famille s’installe à Vienne lorsqu’il est encore enfant.
C’est à Vienne qu’il va effectuer ses études de médecine et développer progressivement les théories qui donneront naissance à la psychanalyse.
Son parcours sera marqué par une recherche permanente autour de l’inconscient, du désir, de la sexualité, des traumatismes, des rêves et des relations familiales.
Ce qui est particulièrement intéressant pour une lecture transgénérationnelle est que Freud va consacrer une grande partie de son œuvre à comprendre ce qui échappe à la conscience, alors que sa propre famille connaîtra elle-même de nombreuses histoires complexes.
Une première séparation
Cette longue période de fiançailles est intéressante dans une lecture familiale.
Le couple est fiancé mais ne peut pas encore vivre ensemble.
Freud doit d’abord terminer ses études et construire sa situation professionnelle.
La question de la capacité à prendre sa place comme homme, mari et futur père peut donc être observée symboliquement dans cette période.
Le mariage croisé entre les familles Freud et Bernays
C’est ici que l’arbre devient particulièrement intéressant.
Martha Bernays a un frère :
Eli Bernays, né en 1860.
Et Sigmund Freud a une sœur :
Anna Freud, née le 31 décembre 1858.
En 1883, Anna Freud épouse Eli Bernays.
Il s’agit donc d’un mariage particulièrement important dans l’arbre :
Anna Freud, sœur de Sigmund Freud, épouse Eli Bernays, frère de Martha Bernays.
Autrement dit :
la sœur de Sigmund devient l’épouse du frère de sa future femme.
Les deux familles sont donc déjà liées avant même le mariage de Sigmund et Martha.
Cette configuration mérite une attention particulière en constellation familiale, car les deux lignées se retrouvent fortement imbriquées.
Le couple Anna Freud et Eli Bernays aura cinq enfants :
- Judith Bernays, née en 1885 ;
- Lucy Bernays, née en 1886 ;
- Edward Bernays, né le 22 novembre 1891 ;
- Hella Bernays, née en 1893 ;
- Martha Bernays, née en 1894.
En 1892, la famille part s’installer aux États-Unis.
Et c’est là que va apparaître un personnage qui deviendra lui-même extrêmement célèbre : Edward Bernays.
Sigmund et Martha Freud se marient en 1886
Après quatre années de fiançailles, Sigmund Freud et Martha Bernays se marient en septembre 1886.
Le mariage civil a lieu le 13 septembre 1886.
La cérémonie religieuse a lieu le lendemain, 14 septembre 1886, à Wandsbek, près de Hambourg.
Le couple s’installe à Vienne.
Ils auront six enfants.
Les six enfants de Sigmund et Martha Freud
Mathilde Freud
Mathilde Freud naît le 16 octobre 1887.
Elle épousera Robert Hollitscher, né en 1875.
Le couple n’aura pas d’enfant.
Elle meurt en 1978.
Dans une lecture de l’arbre, Mathilde représente donc une branche qui ne transmet pas directement de descendance.
Jean-Martin Freud
Jean-Martin Freud, appelé également Martin Freud, naît le 6 décembre 1889.
Il épouse Ernestine « Esti » Drucker, née en 1896.
Ils auront notamment un fils :
Anton Walter Freud, né le 3 avril 1921.
Martin Freud meurt en 1967.
Oliver Freud
Oliver Freud naît le 19 février 1891.
Il se marie une première fois avec Ella Haim, puis une seconde fois avec Henny Fuchs, née en 1892.
De son second mariage naît Eva Freud, née en 1924.
Eva meurt très jeune, en 1944, à seulement 20 ans.
Une nouvelle fois apparaît dans l’arbre la question du décès précoce d’un descendant.
Ernst L. Freud : l’architecture comme transmission
Ernst Lucie Freud naît le 6 avril 1892 à Vienne.
Il est le quatrième enfant de Sigmund et Martha.
Il devient architecte.
Il épouse Lucie Brasch, née en 1896, le 18 mai 1920.
Le couple aura trois enfants :
- Stephan Gabriel Freud, né en 1921 ;
- Lucian Freud, né en 1922 ;
- Clement Raphael Freud, né en 1924.
Ernst Freud meurt à Londres le 7 avril 1970, exactement la veille de son 78e anniversaire.
Le détail de son prénom est lui-même intéressant : lorsqu’il épouse Lucie Brasch, il ajoute le L à son nom, en référence au prénom de son épouse.
La branche d’Ernst donnera naissance à une importante lignée artistique et intellectuelle.
Son fils Lucian Freud deviendra notamment l’un des grands peintres figuratifs du XXe siècle.
Sophie Freud : un décès qui bouleverse toute la famille
Sophie Freud naît le 12 avril 1893.
Elle épouse le photographe Max Halberstadt le 14 janvier 1913.
Ils auront deux fils :
- Ernst, né en 1914 ;
- Heinz, surnommé « Heinele », né en 1918.
En 1919, Sophie est enceinte une troisième fois.
Mais le destin familial bascule.
En janvier 1920, Sophie contracte la grippe espagnole.
Elle est hospitalisée à Hambourg.
Sigmund et Martha tentent de rejoindre leur fille, mais les circonstances rendent le voyage impossible.
Sophie meurt en janvier 1920, à seulement 26 ans.
Son enfant à naître meurt également.
Cette double perte constitue un événement majeur dans l’histoire familiale.
Mais le traumatisme ne s’arrête pas là.
En juin 1923, le fils de Sophie, Heinele, meurt à son tour de la tuberculose.
Sigmund Freud sera profondément marqué par cette succession de pertes.
La mort de Sophie, puis celle de son fils, introduisent dans l’arbre une répétition particulièrement douloureuse : la perte d’une mère jeune, suivie de la perte d’un enfant.
Pour une lecture en constellation, cette branche mérite évidemment une attention particulière.
Anna Freud : la fille qui reste auprès du père
Anna Freud naît le 3 décembre 1895 à Vienne.
Elle est le sixième et dernier enfant de Sigmund et Martha.
Elle deviendra elle-même psychanalyste.
Mais sa relation avec son père sera particulièrement importante.
Anna reste auprès de Sigmund Freud pendant ses dernières années.
Elle l’accompagne notamment lors de l’exil hors d’Autriche.
Elle ne se mariera jamais.
Elle entretient cependant une relation très importante avec Dorothy Burlingham, avec laquelle elle partagera une longue vie commune.
Anna devient une figure majeure de la psychanalyse de l’enfant.
Elle meurt à Londres le 9 octobre 1982.
Sa maison londonienne devient ensuite le Freud Museum.
Minna Bernays : la belle-sœur qui entre dans le foyer Freud
Il faut également regarder Minna Bernays, sœur cadette de Martha.
Minna naît le 18 juin 1865 à Hambourg.
Elle se fiance à Ignaz Schönberg.
Mais les fiançailles sont rompues en 1885.
Ignaz Schönberg meurt de tuberculose en février 1886.
Après cette histoire, Minna ne se marie pas.
En 1896, elle s’installe définitivement auprès de sa sœur Martha et de Sigmund Freud.
Elle devient alors une présence permanente dans le foyer Freud.
Elle aide Martha avec les enfants et participe également à l’organisation de la maison et à certaines activités professionnelles de Sigmund.
Minna voyage également avec Freud.
Sa proximité avec lui a fait naître, plus tard, des hypothèses concernant une possible relation intime entre eux. Cette question reste historiographiquement discutée et ne doit pas être présentée comme un fait établi.
Ce qui est certain, en revanche, c’est que Minna occupe une place inhabituelle dans le système familial : elle est la sœur de l’épouse, célibataire, et vit durablement auprès du couple.
Pour une constellation familiale, cette place particulière peut être observée sans avoir besoin d’affirmer une quelconque relation cachée.
Edward Bernays : le neveu de Freud qui devient le père des relations publiques
Revenons maintenant à la branche Bernays.
Edward Louis Bernays naît le 22 novembre 1891 à Vienne.
Il est le fils d’Eli Bernays et Anna Freud, donc :
Edward Bernays est le neveu de Sigmund Freud.
Il grandit ensuite aux États-Unis.
Edward Bernays devient publicitaire, journaliste et surtout l’un des pionniers des relations publiques modernes.
Il s’intéresse énormément à la psychologie des foules et à l’influence des désirs inconscients sur les comportements.
Il publie notamment :
La Cristallisation de l’opinion publique, en 1923,
puis Propaganda, en 1928.
Le lien familial est particulièrement intéressant :
Sigmund Freud travaille sur l’inconscient individuel ; son neveu Edward Bernays va utiliser des notions issues de la psychologie et de l’inconscient dans le domaine de l’influence collective et de la communication.
Il ne s’agit pas d’une simple répétition professionnelle, mais on peut y observer une forme de transmission symbolique autour de la compréhension et de l’influence des comportements humains.
Edward Bernays meurt le 9 mars 1995 à Cambridge, Massachusetts, à l’âge exceptionnel de 103 ans.
Edward Bernays et Doris Fleischman
Edward Bernays épouse Doris Elsa Fleischman, née le 18 juillet 1891.
Ils se marient en 1922 à New York.
Doris n’est pas seulement l’épouse d’Edward.
Elle devient également sa collaboratrice.
Journaliste, écrivaine, féministe et spécialiste des relations publiques, elle participe directement à son entreprise.
Elle défend notamment le droit des femmes à conserver leur nom après le mariage.
En 1925, elle devient la première femme mariée américaine à obtenir un passeport sous son nom de jeune fille.
Edward et Doris auront deux filles :
- Doris Bernays, née en 1929 ;
- Anne Bernays, née le 14 septembre 1930.
Doris Fleischman meurt le 10 juillet 1980.
Anne Bernays : une nouvelle génération d’écrivains
Anne Fleischman Bernays naît le 14 septembre 1930 à New York.
Elle devient romancière, éditrice et enseignante.
Elle épouse l’écrivain et biographe Justin Kaplan, né en 1925 et mort en 2014.
Ils auront trois filles.
Anne Bernays représente une nouvelle génération de la branche Bernays, toujours liée à l’écriture, à la pensée et à la transmission intellectuelle.
Ainsi, plusieurs générations de la famille Freud-Bernays vont rester liées à la psychologie, à la littérature, à l’écriture, à l’art, à la communication ou à l’étude de l’être humain.
Walter Freud : l’exil, la guerre et la survie
Dans la génération suivante apparaît Anton Walter Freud, petit-fils de Sigmund Freud.
Il naît à Vienne le 3 avril 1921.
Il est le fils de Martin Freud et Ernestine Drucker.
Walter Freud connaît directement les conséquences de la montée du nazisme.
Après l’Anschluss de mars 1938, la situation devient extrêmement dangereuse pour la famille Freud.
Sigmund Freud quitte finalement Vienne pour Londres en juin 1938, avec Martha et Anna.
Walter Freud quitte lui aussi l’Autriche.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans les forces britanniques et rejoint notamment le Special Operations Executive.
Il devient ensuite ingénieur chimiste.
Il épouse Annette Krarup, née en 1925.
Ils auront trois enfants.
Walter Freud meurt le 8 février 2004 à Oxted, en Angleterre.
David Freud : une nouvelle branche de la famille
Parmi les enfants de Walter Freud se trouve David Freud, né en 1950.
David Freud devient journaliste, homme politique et financier britannique.
Il épouse Cilla Dickinson.
Ils auront trois enfants :
- Andrew Freud ;
- Emily Freud ;
- Juliet Freud.
La famille Freud continue donc à se développer bien au-delà de la psychanalyse.
L’exil : un événement collectif dans l’arbre
L’un des événements les plus importants de cette constellation est évidemment la montée du nazisme.
En 1933, les livres de Freud sont brûlés publiquement en Allemagne.
En mars 1938, l’Autriche est annexée par l’Allemagne nazie lors de l’Anschluss.
La famille Freud est alors directement menacée.
Sigmund Freud quitte Vienne pour Londres en juin 1938.
Il s’installe au 20 Maresfield Gardens, à Hampstead, avec Martha et Anna.
Cette migration constitue une rupture majeure dans l’histoire familiale :
Vienne → Londres
mais aussi :
sécurité → exil
maison → déracinement
culture viennoise → nouvelle vie britannique
La famille se disperse également entre plusieurs pays, notamment l’Europe, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Pour une lecture transgénérationnelle, un exil de cette ampleur constitue un événement majeur à inscrire dans l’arbre.
Le cancer de Sigmund Freud
Sigmund Freud est diagnostiqué en 1923 d’un cancer de la mâchoire et du palais.
Il subira de nombreuses interventions médicales.
Malgré la maladie, il continue son travail intellectuel pendant des années.
Après son arrivée à Londres, son état se dégrade fortement.
À l’automne 1939, son cancer devient extrêmement douloureux et est considéré comme inopérable.
Sigmund Freud meurt à Londres le 23 septembre 1939, à l’âge de 83 ans.
À sa demande, et avec l’accord de sa fille Anna, son médecin Max Schur lui administre des doses importantes de morphine.
Freud est ensuite incinéré au cimetière de Golders Green.
Une famille traversée par les morts et les séparations
Lorsque l’on regarde l’arbre Freud-Bernays dans son ensemble, plusieurs événements apparaissent.
On trouve :
- des décès précoces ;
- la mort d’enfants ;
- la mort d’une jeune mère ;
- la perte d’un enfant à naître ;
- des maladies graves ;
- des décès liés à la tuberculose ;
- l’exil ;
- la persécution ;
- la guerre ;
- la dispersion géographique ;
- des mariages entre les deux familles ;
- des personnes qui restent célibataires ;
- des personnes qui vivent dans la maison familiale ;
- des transmissions professionnelles sur plusieurs générations.
Le décès de Sophie Freud en 1920, suivi de celui de son fils Heinele en 1923, est particulièrement marquant.
Mais on trouve aussi d’autres morts précoces dans les branches familiales, notamment Eva Freud, morte en 1944 à seulement 20 ans, et Theodor Freud, mort en 1923 dans un accident de noyade dans une autre branche de la famille Freud.
Ces événements ne doivent pas être artificiellement reliés entre eux.
En psychogénéalogie, ils peuvent néanmoins être observés comme des événements importants du roman familial.
Les répétitions professionnelles
L’autre grande particularité de cette famille est la transmission intellectuelle.
Sigmund Freud devient le père de la psychanalyse.
Sa fille Anna devient psychanalyste.
Son fils Ernst devient architecte.
Son petit-fils Lucian Freud devient peintre.
Son neveu Edward Bernays devient l’un des pionniers des relations publiques.
Anne Bernays devient écrivain et éditrice.
D’autres descendants poursuivent également des carrières dans l’art, la littérature, les médias, la politique ou les sciences.
On observe donc une famille où la pensée, la création, l’écriture et l’observation de l’être humain semblent occuper une place importante sur plusieurs générations.
Les mariages qui relient les deux lignées
C’est probablement l’un des éléments les plus intéressants de cette constellation.
Il existe un véritable croisement Freud-Bernays.
Premier lien majeur
Anna Freud, sœur de Sigmund, épouse Eli Bernays, frère de Martha.
Deuxième lien majeur
Sigmund Freud épouse ensuite Martha Bernays, sœur d’Eli.
Ainsi, les deux couples sont :
Anna Freud + Eli Bernays
et
Sigmund Freud + Martha Bernays
Les deux hommes de la famille Freud épousent donc deux personnes issues de la même fratrie Bernays.
Autrement dit, une même famille Bernays entre dans la famille Freud par deux mariages différents.
Cela crée une structure familiale très particulière dans laquelle les liens de fraternité et de couple se croisent.
Que peut-on observer dans une constellation familiale de Sigmund Freud ?
Une constellation de cette famille pourrait amener à observer plusieurs axes.
1. La place du père
Sigmund Freud devient une figure intellectuelle mondiale.
Mais il devient également une figure extrêmement importante dans son propre système familial.
Ses enfants portent son nom, certains travaillent dans des domaines proches de la pensée, de l’art ou de la psychologie.
2. La place d’Anna
Anna est la dernière enfant.
Elle reste auprès de son père jusqu’à sa mort.
Elle poursuit également son œuvre.
Elle devient elle-même une grande figure de la psychanalyse.
La question symbolique pourrait être :
Quelle place prend le dernier enfant lorsque le père devient une figure mondiale ?
3. Les deuils
La mort de Sophie et celle de son fils Heinele constituent un traumatisme familial majeur.
4. L’exil
La famille est contrainte de quitter Vienne.
L’exil devient un événement collectif.
Une partie de la descendance grandit ensuite hors d’Autriche.
5. Les mariages croisés
Les liens Freud-Bernays ne sont pas de simples liens de parenté.
Ils sont renforcés par plusieurs unions matrimoniales.
6. Les célibats
Certaines personnes de la famille ne se marient pas ou n’ont pas d’enfant.
Anna Freud et Minna Bernays, notamment, occupent chacune une place particulière dans leur système familial.
7. Les transmissions professionnelles
Psychologie, psychanalyse, art, architecture, littérature, communication : plusieurs générations restent liées à des activités intellectuelles et créatives.
Une famille où l’inconscient devient presque un héritage symbolique
Il est particulièrement fascinant de constater que Sigmund Freud a consacré sa vie à explorer ce qui se trouve derrière les comportements conscients.
Son propre arbre familial est rempli de relations complexes, de séparations, de deuils, de migrations et de transmissions.
Son neveu Edward Bernays, quant à lui, va s’intéresser à la manière dont les désirs et les mécanismes psychologiques peuvent influencer les comportements collectifs.
Sa fille Anna poursuivra le travail sur la psychanalyse.
Son petit-fils Lucian Freud exprimera autrement l’exploration de l’être humain, cette fois par la peinture.
La famille Freud-Bernays semble donc traversée, génération après génération, par une même interrogation :
Que se passe-t-il derrière ce que l’être humain montre ?
La constellation familiale de Sigmund Freud : ce que l’arbre raconte
Dans la famille Freud-Bernays, plusieurs éléments attirent immédiatement l’attention :
des mariages qui rapprochent fortement deux familles,
des décès précoces,
des deuils qui se succèdent,
des enfants qui restent sans descendance,
des membres qui restent auprès de la génération précédente,
des transmissions professionnelles,
un exil imposé par la persécution,
une dispersion géographique,
et une très forte transmission intellectuelle.
Cette famille offre donc un arbre particulièrement riche pour une lecture en psychogénéalogie.
Et peut-être que le paradoxe le plus intéressant est celui-ci :
Sigmund Freud a consacré sa vie à comprendre les mécanismes inconscients de l’être humain, tandis que plusieurs générations de sa propre famille vont continuer, chacune à leur manière, à explorer l’esprit, les comportements, l’art, l’écriture et les relations humaines.
C’est cette richesse de liens, d’événements et de transmissions qui rend la famille Freud-Bernays particulièrement intéressante à observer en constellation familiale.