Le Chemin de l’Olivier saison 2 épisode 5 : quand le passé familial continue de vivre dans le présent

Dans ce cinquième épisode de la saison 2 du Chemin de l’Olivier, les histoires personnelles des personnages continuent de se mêler à leurs histoires familiales.

Cet épisode est particulièrement intéressant lorsqu’on s’intéresse aux constellations familiales et à la psychogénéalogie, car la notion de transmission familiale devient très présente.

Les personnages sont confrontés à leurs blessures, à leurs secrets, à leurs peurs et parfois à des événements anciens dont les conséquences semblent continuer à se manifester plusieurs générations plus tard.

Et cette fois, la série va encore plus loin en montrant directement une constellation familiale avec Erdem.

Une histoire de famille commence avec une vache

L’épisode commence avec l’histoire d’un petit garçon qui trait une vache afin d’apporter du lait aux femmes qui travaillent dans les champs.

Il vend ensuite le lait et rapporte l’argent à sa mère pour qu’elle puisse nourrir ses enfants.

Sa mère lui demande alors de lui promettre quelque chose : aller à l’école.

Mais cette petite histoire va prendre une importance considérable plus tard dans l’épisode.

Car la vache représente ici bien davantage qu’un simple animal.

Elle représente le gagne-pain de la famille, la possibilité de nourrir les enfants et, finalement, une forme de sécurité.

Lorsque la vache disparaît, tout s’effondre.

La trahison familiale qui ressurgit des années plus tard

Erdem participe à une constellation familiale avec Zaman.

Lorsqu’il commence le travail, une représentante est choisie pour le représenter.

Mais celle-ci ressent rapidement une profonde colère et un désespoir.

Zaman lui demande alors de choisir un représentant pour la colère.

C’est à ce moment que le passé d’Erdem commence à refaire surface.

Zaman lui demande notamment s’il y a eu une trahison dans sa famille.

Erdem se souvient alors d’un événement de son enfance.

Son oncle avait volé la vache de la famille.

Cette vache était pourtant leur moyen de subsistance.

Après le vol, la famille n’a plus pu manger correctement. Erdem raconte qu’ils sont restés une semaine sans pouvoir manger.

Mais ce traumatisme ne s’arrêtait pas là.

Erdem avait déjà perdu son père.

Après le vol de la vache, sa mère a envoyé les enfants à Istanbul, dans leur famille.

Erdem, lui, a été placé en pension dès l’âge de huit ans.

Et depuis, il n’est jamais retourné dans sa ville natale.

 

Quand un événement de l’enfance reste inscrit dans la mémoire familiale

Cette scène est particulièrement forte parce qu’elle montre comment un événement vécu dans l’enfance peut continuer à influencer une personne devenue adulte.

Erdem n’a pas simplement perdu une vache.

Il a perdu une partie de sa sécurité.

Il a perdu son environnement familial.

Il a été séparé de sa mère et de son lieu de naissance.

Et derrière cet événement se trouvent déjà plusieurs blessures : la perte de son père, la trahison de son oncle, la pauvreté, la séparation et l’exil vers Istanbul.

La constellation permet alors de remettre en lumière ce qui semblait appartenir au passé.

Honorer ses ancêtres pour retrouver sa place

À la fin de la constellation, Zaman conseille à Erdem de retourner dans l’endroit où il est né et où il a grandi.

Il lui conseille également de planter un arbre pour chacun de ses ancêtres et de les honorer.

Chose qu’il fera dans le jardin de Leyla. 

Le symbole est très fort.

L’arbre représente les racines.

Les racines représentent les ancêtres.

Et nous sommes, nous aussi, une branche de cet arbre familial.

Dans une approche symbolique du transgénérationnel, revenir vers ses origines peut permettre de reconnaître son histoire et de remettre chaque personne à sa juste place.

L’intelligence transgénérationnelle expliquée dans l’épisode

L’un des passages les plus intéressants de cet épisode intervient lorsque Diyar traduit pour Ada un texte consacré aux traumatismes familiaux.

Le texte évoque notamment ce que l’épisode appelle l’intelligence transgénérationnelle :

« Dans chaque famille nous observons de façon systématique la production de certains événements de génération en génération. »

Puis vient une phrase particulièrement intéressante :

« Les histoires […] se répètent de façon cyclique dans l’espoir de trouver une solution. »

Cette idée fait directement écho au travail autour des répétitions familiales.

Pourquoi certaines situations semblent-elles se reproduire ?

Pourquoi certaines familles connaissent-elles des séparations, des deuils, des conflits ou des ruptures qui se répètent ?

Pourquoi avons-nous parfois l’impression de revivre une histoire qui ne nous appartient pas complètement ?

La série pose ces questions à travers ses personnages.

« Le lien de générosité et d’amour qui perdure entre les générations »

Le texte traduit par Diyar poursuit avec une idée particulièrement intéressante :

« Le lien de générosité et d’amour qui perdure entre les générations vient de cette répétition. »

Cette phrase permet également d’aborder le transgénérationnel autrement.

On pense souvent aux transmissions familiales uniquement sous l’angle des traumatismes, des secrets ou des blessures.

Mais une famille transmet également ses forces.

Elle transmet ses valeurs, ses ressources, ses savoir-faire, ses croyances, ses traditions et parfois une formidable capacité de résilience.

Le transgénérationnel ne parle donc pas uniquement de ce qui fait souffrir.

Il parle aussi de ce qui relie.

Sevgi et son désir d’enfant

L’épisode aborde également une autre blessure intime : celle de Sevgi.

Elle annonce à sa mère qu’elle ne peut pas avoir d’enfant.

On lui avait conseillé de congeler ses ovules, mais elle ne l’a pas fait.

Sa mère, Muko, lui explique alors qu’elle ne doit pas porter ce fardeau seule et qu’elle devrait en parler à Fiko.

Cette scène est importante parce qu’elle montre aussi le poids des attentes familiales.

Avoir des enfants peut parfois être considéré comme une évidence dans certaines familles.

Lorsque cette possibilité disparaît, la personne peut avoir l’impression de décevoir ou de ne plus correspondre à ce que sa famille attendait d’elle.

Une réponse pleine d’amour de Fiko

Sevgi finit par annoncer la vérité à Fiko.

Il est d’abord déçu, mais sa réaction évolue rapidement.

Il lui embrasse les mains et lui dit qu’ils pourront se suffire à eux-mêmes.

Puis il lui propose une autre possibilité : adopter un enfant qui n’a pas de parents, car eux-mêmes ont grandi sans parents.

Cette scène est particulièrement touchante.

Fiko ne nie pas sa propre histoire.

Au contraire, il s’en sert pour imaginer une autre manière de construire une famille.

Une blessure peut parfois devenir une source de compréhension et d’empathie envers quelqu’un d’autre.

Ada et les secrets de son père

De son côté, Ada continue de se confronter à son propre passé.

Elle porte avec elle une valise noire contenant les souvenirs de son père.

Elle découvre notamment les lettres qu’il écrivait à sa maîtresse.

Elle sait que son père avait une deuxième famille et qu’il avait trompé sa mère.

Mais malgré les années passées, la lecture de ces lettres reste douloureuse pour elle.

Les secrets de famille peuvent parfois continuer à faire mal longtemps après la disparition des personnes concernées.

Même lorsque l’on connaît les faits, cela ne signifie pas nécessairement que la blessure émotionnelle est refermée.

Le tableau de visualisation : donner une direction à ses désirs

Sevgi propose également aux filles de réaliser un tableau de visualisation.

Elle leur explique que leur cerveau pourra ensuite mettre en place ce qu’elles souhaitent.

Leyla, Ada et Muko se mettent finalement à créer leurs propres tableaux.

Muko refuse cependant de montrer le sien.

Elle considère qu’un vœu ne se révèle pas.

Plus tard, Sevgi découvre le tableau de visualisation de sa propre mère.

Une seule phrase y est inscrite :

« Prendre son envol. »

Quelques mots seulement, mais qui peuvent résonner très différemment selon l’histoire de la personne qui les écrit.

Elle mentionne aussi le rêve de devenir grand-mère. C’est à ce moment là que Sevgi lui annoncera l’impossibilité d’être enceinte.

Ada et Dyar : peut-on aimer lorsque le cœur est encore blessé ?

La relation entre Ada et Dyar évolue également.

Ada reste méfiante.

Elle lui dit qu’elle ne veut pas d’une histoire.

Pourtant, leur rencontre semble avoir provoqué quelque chose en elle.

Dyar lui explique qu’il aurait pu continuer sa route, mais que sa rencontre avec elle l’a poussé à rester.

Ada porte encore les blessures liées à son père et à sa double vie.

Elle ne sait pas véritablement ce qu’elle fait avec Dyar.

Lorsqu’elle explique leur relation à Sevgi, elle dit simplement :

« Tout ce que je sais, c’est qu’il me fait du bien. »

Une phrase simple, mais qui montre toute son ambivalence.

Il n’est peut être que l’homme pansement qui lui permettra de tourner la page avec Toprak.

Le restaurant : construire quelque chose malgré les difficultés

Pendant ce temps, Leyla et Fiko arrivent presque au bout de leur projet de restaurant.

L’ouverture est prévue dans une semaine, mais Leyla estime qu’il manque encore quelque chose :

« Le restaurant n’a pas encore d’âme. »

Ils n’ont plus beaucoup d’argent et doivent donc se dépêcher.

Leyla arrive finalement avec une nouvelle voiture offerte par son père, ce qui représente une nouvelle aide familiale dans son parcours.

Erdem veut reconstruire sa famille

Erdem souhaite également retrouver Leyla et reconstruire une vie familiale avec elle.

Mais cette fois, Leyla pose ses conditions.

Elle ne veut plus simplement accepter Erdem comme avant.

Il doit entendre ses limites et ses exigences.

Plus tard, Erdem arrive chez Leyla avec des plants d’arbres.

Après ce qu’il vient de vivre dans la constellation, ce geste prend une résonance particulière.

L’arbre, les racines, les ancêtres, la famille…

Tout semble se rejoindre.

Ada perd son poste, mais refuse d’abandonner son chemin

Ada doit finalement défendre sa place au conseil d’administration.

Elle explique et défend notamment la thérapie par les constellations familiales, méthode pour laquelle elle avait été suspendue après s’être rendue chez Zaman.

Elle prend finalement la décision de démissionner de l’hôpital.

Mais au lieu de considérer cette fin comme un échec définitif, elle pose une question :

« Pourquoi ne pas trouver un autre chemin ? »

Cette phrase résume finalement très bien l’évolution d’Ada.

Lorsque quelque chose se termine, un autre chemin peut commencer.

Et la dernière scène nous réserve une surprise

L’épisode se termine sur une révélation particulièrement intéressante.

Dyar se rend chez Zaman.

Et il l’appelle :

« Papa. »

Une simple parole qui change complètement la perception du personnage.

Qui est réellement Dyar ?

Quel est son lien avec Zaman ?

Quelle histoire familiale se cache derrière cette révélation ?

Et surtout, quel rôle cette filiation va-t-elle jouer dans la suite de l’histoire ?

Il faudra attendre les prochains épisodes pour le découvrir.

Ce que cet épisode nous enseigne sur le transgénérationnel

Ce cinquième épisode de la saison 2 est particulièrement riche pour comprendre plusieurs notions associées aux constellations familiales.

On y retrouve :

  • les traumatismes de l’enfance ;
  • les secrets de famille ;
  • les trahisons ;
  • les séparations ;
  • les deuils ;
  • les répétitions familiales ;
  • les loyautés invisibles ;
  • les liens entre générations ;
  • la place des ancêtres ;
  • l’importance des racines ;
  • les conséquences émotionnelles d’événements anciens ;
  • la recherche de sa propre identité.

L’histoire d’Erdem est certainement la plus parlante.

Un événement vécu alors qu’il était enfant — la perte de la vache, la faim, la perte de son père et son départ pour Istanbul — semble encore avoir une influence sur l’homme qu’il est devenu

La constellation lui permet de regarder cette histoire autrement.

Pourquoi cet épisode du Chemin de l’Olivier est particulièrement intéressant pour les constellations familiales ?

Parce qu’il ne se contente pas de parler de blessures individuelles.

Il montre comment l’histoire d’une personne peut être liée à celle de sa famille.

La scène de la constellation d’Erdem est particulièrement importante dans la série : elle permet de voir comment un événement ancien peut refaire surface lorsqu’une personne commence à explorer son histoire familiale.

L’épisode met également en avant une idée centrale du travail transgénérationnel : nous ne sommes pas uniquement l’histoire que nous vivons aujourd’hui. Nous sommes aussi issus d’une histoire familiale qui nous précède.

Cela ne signifie pas que tout ce qui nous arrive vient nécessairement de nos ancêtres.

Mais regarder son histoire familiale peut parfois permettre de comprendre certaines répétitions, certains blocages ou certaines émotions qui semblent difficiles à expliquer.

Le Chemin de l’Olivier saison 2 épisode 5 est probablement l’un des épisodes les plus intéressants de cette saison pour ceux qui s’intéressent aux constellations familiales, à la psychogénéalogie et au transgénérationnel.

Entre l’histoire d’Erdem, le vol de la vache, la séparation familiale, la constellation avec Zaman, les secrets du père d’Ada, le désir d’enfant de Sevgi et la révélation finale concernant Dyar et Zaman, l’épisode multiplie les histoires où le passé continue de rencontrer le présent.

Et cette dernière phrase de l’épisode laisse évidemment une question en suspens :

Pourquoi Dyar appelle-t-il Zaman « papa » ?

Une révélation qui pourrait bien ouvrir une nouvelle histoire familiale dans les prochains épisodes…