Accompagner… et se rencontrer soi-même
Dans le cadre de mes accompagnements en EHPAD, j’expérimente chaque jour la richesse de la relation humaine.
Au-delà des soins apportés aux résidents, ce sont aussi des espaces de rencontre avec soi, avec l’autre, avec les dynamiques invisibles qui se jouent dans les groupes.
Je m’y épanouis profondément. C’est un lieu d’apprentissage, d’ouverture du cœur… mais aussi parfois de confrontation intérieure.
Quand le dialogue devient nécessaire
Avec une autre bénévole, nous avons ressenti le besoin de créer un espace de communication avec l’équipe.
Un rendez-vous a été organisé avec la psychologue afin d’exprimer nos ressentis, partager notre expérience de terrain et mieux comprendre le fonctionnement global.
Cet échange s’est déroulé dans l’écoute. Nous avons pu évoquer :
- les accompagnements en cours,
- les résidents suivis,
- les besoins sur certaines fins de vie,
- et aussi la qualité de communication avec certains membres du personnel.
Car au-delà des compétences, il y a quelque chose d’essentiel dans l’accompagnement : la qualité de présence.
Un regard, un sourire, une manière de s’adresser à l’autre…
Tout cela impacte profondément la relation.
Une situation révélatrice
Lors de cet échange, j’ai partagé une situation simple, mais révélatrice.
Une demande m’a été faite de déplacer une résidente, sans explication ni accueil. Puis une remarque m’a été adressée, de manière sèche, indiquant que je ne l’avais pas mise au bon endroit.
Nouvelle dans les lieux, encore en apprentissage des repères, je me suis sentie déstabilisée.
Non pas par la demande en elle-même — j’aide toujours avec cœur — mais par la manière dont elle a été formulée.
Car il ne s’agit pas seulement de ce que l’on fait.
Il s’agit de comment cela est transmis.
Entre perception et interprétation
Lorsque le directeur est arrivé, la discussion a pris une autre dimension.
Ce qui était, pour moi, un partage d’expérience dans un souci d’amélioration collective, a été perçu comme une critique.
Cela a mis en lumière une réalité fréquente dans les systèmes humains :
👉 Nous ne réagissons pas seulement aux faits, mais à ce qu’ils réveillent en nous.
Fatigue, pression, responsabilités…
Tout cela influence la manière dont un message est reçu.
Et parfois, une parole sincère peut être entendue comme une attaque.
La place du bénévole : entre engagement et limites
Cet événement m’a amenée à réfléchir profondément à ma posture.
Être bénévole, c’est offrir :
- son temps,
- son énergie,
- sa présence,
- son cœur.
Mais cela ne signifie pas s’oublier.
Mettre des limites, c’est aussi prendre soin de la relation.
Dire :
“Je veux bien aider, mais dans un cadre respectueux et bienveillant”
est une posture saine, alignée et juste.
Liberté d’expression et responsabilité émotionnelle
Ce vécu a résonné avec une autre situation dans ma sphère personnelle, concernant ma fille.
Elle aussi a été confrontée à une difficulté similaire : exprimer quelque chose de juste… et être mal reçue.
Cela soulève une question essentielle :
👉 Sommes-nous responsables de ce que nous disons, ou de la manière dont l’autre le reçoit ?
En réalité :
- Nous sommes responsables de nos mots, de notre intention, de notre posture.
- Mais nous ne sommes pas responsables des blessures, filtres ou interprétations de l’autre.
Cela appartient à son histoire.
Lecture systémique : ce que révèle la constellation
Face à ces tensions, j’ai choisi d’utiliser mon outil principal : la constellation familiale.
Ce regard permet de voir autrement :
- les jeux de pouvoir,
- les peurs inconscientes,
- les loyautés invisibles,
- les déséquilibres dans les rôles.
Dans cette situation, il est apparu :
- une autorité qui cherche à maintenir l’ordre, parfois au détriment de l’écoute,
- une difficulté à accueillir la parole libre,
- et une peur du conflit ou de la remise en question.
En constellation, chacun reprend sa place.
Et surtout, chacun reprend ce qui lui appartient.
Revenir à soi
Ce que cette expérience m’a appris, profondément :
- rester alignée avec mes valeurs,
- ne pas me sur-adapter par peur de déranger,
- ne pas porter ce qui ne m’appartient pas,
- et continuer à agir avec bienveillance… sans me renier.
Car accompagner les autres passe aussi par cela :
👉 être capable de s’accompagner soi-même.
une invitation
Chaque situation inconfortable est une porte.
Une invitation à grandir, à comprendre, à ajuster.
Et parfois, à se repositionner.
Si vous vivez des tensions relationnelles, que ce soit dans votre travail, votre famille ou vos engagements, cela peut être le signe de dynamiques plus profondes à explorer.
La constellation familiale permet justement de mettre en lumière ces mécanismes invisibles… et de retrouver une place plus juste.